L'essentiel et plus

Pierre Zenker, rédacteur en chef de l'Essentiel

Chaque jour, dès le premier café matinal, la newsletter bordelaise l’Essentiel livre une information locale, concise, utile et accessible.

Par Dominique Beutis

Créée en 2022 par le groupe l’Essentiel Media1 la newsletter l’Essentiel Bordeaux2 se lit en quelques minutes. Il suffit d’ouvrir sa boîte mail pour y retrouver le meilleur de l’actualité locale : projets urbains, culture, santé, événements, sorties. Dans un monde saturé d’actualités souvent anxiogènes, l’Essentiel parie sur une information gratuite, factuelle, proche du terrain et avant tout, positive.
Pour Pierre Zenker, journaliste, rédacteur en chef, les sujets sont choisis en toute indépendance et doivent toucher au quotidien des
habitants. Le format newsletter permet de concilier rapidité, rigueur et proximité avec le lecteur, sans sacrifier la qualité de l’information.

 

L’Observatoire : Quels sont vos objectifs avec l’Essentiel ?

— Pierre Zenker : Il s’agit de résumer clairement et simplement l’actualité quotidienne de la Métropole. L’idée des créateurs était de se démarquer de ce qui se faisait sur le marché et de contrer la tendance à des actualités trop négatives ou alarmantes. Ils ont donc souhaité proposer un contenu local qui touche à la vie des habitants sur divers sujets : sorties, patrimoine, gastronomie locale, santé, économie. Pas de politique ni de faits divers. Et surtout, des nouvelles qui se lisent vite et facilement. 

— Comment choisissez-vous vos sujets ?

Chaque lettre comprend cinq articles, du lundi au vendredi. Je veille à varier les sujets pour que chaque thème soit évoqué. Entouré de quatre journalistes pigistes, nous mettons en avant des initiatives positives — citoyennes, associatives ou d’entreprises — utiles aux lecteurs. Nous couvrons parfois des événements B2B (Business to Business), destinés aux professionnels et aux entreprises, mais notre priorité reste les événements accessibles à tous : concerts, conférences, rencontres locales. Beaucoup de choses se passent à Bordeaux, et nous détectons rapidement ce qui intéressera nos lecteurs. Curieux et toujours à l’affût, je n’ai donc pas de difficulté à cibler nos sujets. 

— Quelles sont les contraintes d’une production quotidienne ?

L’impératif est l’efficacité et la réactivité. Lorsqu’un sujet important tombe la veille d’une édition, que nous recevons un communiqué de presse d’un organisateur, d’une institution, d’un pouvoir public, il faut parfois changer l’ordre de la lettre, inverser ou supprimer un sujet. Il est important de rester à l’écoute de ce qui se fait même si c’est parfois au dernier moment.

En fait, je suis en veille continue, en me renseignant en ligne, en passant des communications téléphoniques, en recevant des communiqués de presse. J’organise au mieux ma journée. Je fais ensuite mon sommaire, j’écris mes articles et je coordonne le travail des pigistes. C’est certainement très varié et un rythme à prendre. 

— Comment conciliez vous qualité, fiabilité de l’information et rapidité de production ?

Quand nous informons les gens, il est primordial de ne pas faire d’erreurs. Il faut viser l’efficacité. J’ai le souci de me concentrer, de travailler au calme. Ce qui différencie le journalisme du publireportage, c’est qu’il faut creuser les sujets, vérifier les informations auprès de plusieurs sources. Puis les croiser et les confirmer. Nous privilégions au maximum l’interview. Le travail de vulgarisation est ensuite important pour restituer une information concise et compréhensible. Ce n’est pas toujours évident compte tenu du format court. 

— Quel est votre modèle économique ?

La gratuité de la newsletter pour les abonnés est rendue possible grâce à des articles natifs, des contenus financés par des entreprises ou partenaires. Nous intégrons ce type d’articles à la newsletter, en plus des cinq articles éditoriaux, afin de rester lisibles et utiles pour les abonnés. L’Essentiel se finance donc par la publicité et les articles sponsorisés, tout en maintenant l’indépendance de la rédaction. La partie commerciale et développement est gérée par une équipe à Paris. Toutes les semaines, nous tenons une réunion entre la direction et l’équipe éditoriale. 

— Quel équilibre entre indépendance éditoriale et contenus sponsorisés ?

L’indépendance éditoriale est primordiale. Notre équipe conserve une totale liberté dans le choix et le traitement des sujets. Les quelques articles sponsorisés, ainsi que les jeux-concours de la newsletter (comme des places offertes pour certains événements), sont clairement identifiés et gérés par la partie commerciale. Ils n’ont aucune incidence sur le contenu rédactionnel, qui reste sous ma seule responsabilité.

 

— Les codes de la profession journalistique résistent-ils au format numérique ?

Les règles du journalisme s’appliquent pleinement à l’Essentiel : vérification des faits, recoupement des sources, clarté de l’information. En revanche, le format court – environ 1 500 signes par article – impose un vrai travail de synthèse. Il faut aller à l’essentiel (sans jeu de mots) et maîtriser une écriture directe, précise, efficace. C’est une autre façon d’écrire, mais les codes du métier restent les mêmes.

 

— Qu’apportez-vous de différent par rapport aux autres médias bordelais ?

Notre objectif reste de proposer une information concise, positive et utile sur des sujets variés qui intéressent et répondent aux attentes de nos abonnés. Aujourd’hui, nous comptons 53 000 abonnés, majoritairement des femmes de 35 à 69 ans. Il nous faut capter et retenir leur attention — le nerf de la guerre dans un monde où le temps consacré à l’information est limité. Cela passe notamment par des titres accrocheurs, clairs et neutres, qui touchent au quotidien. L’enjeu est de donner envie de lire. Et bien entendu de continuer à grandir.

 

1 L’Essentiel Media, réseau des newsletters locales

2 L’Essentiel Bordeaux, abonnement sur le site : www.lessentielbordeaux.fr

 
Fondé en 2022, L’Essentiel Media est un groupe de médias qui propose chaque matin des newsletters gratuites, concises et positives, dédiées à l’actualité des grandes métropoles françaises.
Depuis son lancement à Bordeaux, le réseau s’est étendu à 14 métropoles : Lyon, Marseille, Lille, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Nice, Rennes, Paris, Clermont‑Ferrand, Grenoble, Montpellier, Rouen et Toulon.
Chaque édition locale est produite par une rédaction propre à la ville, tandis que le modèle de diffusion reste national. Nouveauté : en plus de l’actualité locale, des newsletters nationales sont désormais proposées aux abonnés : patrimoine culturel, livres, animaux de compagnie et environnement.