Souvenirs, souvenirs...

Activités des neurones

 

Au cœur des mystères de la mémoire

 

À Bordeaux, du 19 au 25 septembre 2016, ateliers, exposition, projections, conférences se sont déroulées pour étudier la mémoire sous toutes ses formes. Vous pouvez encore aller voir l’exposition Mémoire/s à Cap sciences jusqu’au 5 février 2017. Dès l’entrée, vous êtes happés par les nombreux écrits, images et multiples tests à effectuer : reconnaitre des intrus dans une succession de visages ou jeu de Memory. N’ayez pas peur de vos résultats, tout le monde a des trous de mémoire ! Un souvenir de notre enfance, un évènement heureux, les tables de multiplication inlassablement répétées et apprises par cœur, une musique qu’on aime, les paroles d’une chanson retrouvée, mais aussi de mauvais souvenirs qu’on voudrait oublier : tout est enregistré dans notre cerveau.

 

Sur le bout de la langue

Vous recherchez un mot pour définir une impression, vous dites : « Je l’ai sur le bout de la langue ». Vous croisez un visage dans la rue, il vous parait familier mais impossible de lui attribuer un prénom. Alors faites appel aux moyens mnémotechniques pour apprendre par cœur, retrouver une liste de mots ou de nombres. Faites un nœud à votre mouchoir, une liste des achats à effectuer, prenez des photos pour arrêter le temps ou collectionnez des cailloux associés à des lieux visités, comme le Petit Poucet. Dans l’Antiquité, mémoriser était tout un art, il n’était pas question de post-it, d’agenda ou de disque dur d’ordinateur. « La mémoire diminue, à moins qu’on ne l’exerce » disait Cicéron. Elle vous sert dans nos gestes quotidiens, vos apprentissages au cours du temps, dans la construction de votre histoire personnelle et la vision de votre futur. Tout étudiant fait des efforts de mémorisation, compréhension, restitution, durant toute sa scolarité pour réussir sa vie professionnelle. La mémoire des éléphants est légendaire, tous les animaux sont dotés de systèmes qui peuvent se révéler plus efficaces que les nôtres : apprendre et mémoriser, se repérer dans l’espace et agir dans leur environnement. Les chercheurs ont découvert  les différentes zones du cerveau qui interagissent dans les phénomènes de mémorisation.

 

Activateurs

Le neurobiologiste Robert Jaffard, en conférence, explique aux étudiants attentifs qu’il existe plusieurs types de mémoire : de travail à court terme, procédurale à long terme (je sais faire du vélo), sémantique (je sais que la capitale de la France est Paris) et épisodique : celle qui permet de voyager dans le temps, de revivre les expériences passées et de se projeter dans le futur. Mais pour être utilisable, le souvenir d’un épisode doit être consolidé par un mécanisme de réinstallation ou de réactivation dans le cerveau. Ainsi la mémoire récente est renforcée avec le sommeil. Il améliore et restaure l’encodage puis le consolide : une sieste suffit pour un gain de 60 %. La réactivation est aussi favorisée par de la musique ou les odeurs, à condition que l’apprentissage soit fait avec cette musique ou cette odeur. Ces processus sont bien plus efficaces chez les enfants que chez les adultes ! Si le sommeil est perturbé ou insuffisant, il entraine un déficit de mémorisation.

Guillaume Ferreira, directeur de recherche à l’Université de Bordeaux, explique l’interférence entre mémoire, nutrition et adolescence. La nutrition est très importante par l’apport des lipides saturés, 60 % sont utilisés dans le cerveau d’un adolescent. La vitamine A améliore la plasticité et donc la mémoire comme les polyphénols des fruits et légumes. L’absorption trop importante de lipides non saturés comme charcuterie, graisses animales est néfaste pour la mémoire relationnelle. La perte peut atteindre 50% alors que la mémoire émotionnelle, comme la peur, le dégout, augmente. Les adolescents qui n’ont pas assez d’activités physiques, deviennent obèses. Ceux qui mangent trop de sucreries et de lipides non saturés auront une mémoire déficiente.

Pour découvrir tous les phénomènes liés aux nombreuses connections entre les neurones et la nécessité de la stimulation intellectuelle tout au long de la vie, mais aussi pour s’informer sur les défaillances de la mémoire, la maladie d’Alzheimer ou la révolution numérique, allez vite à Cap sciences !

 

Pierrette Guillot