Mille et une nuances de média

Bernard Diot

Internet et ses influenceurs, les blogs, les créateurs de contenus, les plateformes numériques modifient l’accès à l’information. Far Ouest est un exemple de nouveau media.

 

Rendez-vous est pris avec Frédérick Diot, un des trois membres fondateurs de Far Ouest, au siège de l’entreprise, quai des Chartrons. Coup de sonnette, la porte donne sur une volée de marches qui conduisent à un palier. Une porte s’ouvre sur une pièce encombrée de tables supportant ordinateurs et écrans. L’ambiance est studieuse mais décontractée. Frédérick Diot explique : « Far Ouest est un média local et engagé aux multiples facettes. Il aborde au travers d’exemples puisés dans le Sud-Ouest des thématiques nationales qu’elles soient sociétales, écologiques ou autres ».

 

L'Observatoire : Comment l’aventure a-t-elle débuté ?

— Frédérick Diot : Mon associé et moi-même, avons fréquenté les mêmes bancs de faculté. Nous souhaitions réaliser et vendre des formats sériels courts (histoires ou explorations thématiques sur plusieurs épisodes). Nous n’avons pas trouvé de site pour nous héberger d’où la création de Far Ouest en 2017.

Au départ, c’était un média de longs formats écrits, des feuilletons, mais aussi des documents sonores, des vidéos, des podcasts, sur le web et sur abonnement. Au bout de trois ans, nous n’avions pas suffisamment d’abonnés pour rendre ce média rentable. Nous avons donc décidé que ce contenu qui traite des grands enjeux nationaux et des débats actuels au travers du prisme aquitain serait offert à nos abonnés toutes les deux semaines sous une forme d’une newsletter.

 

— Pourquoi avez-vous lancé une version papier ?

L’idée d’une version papier est née pendant l’épidémie de la Covid et de son confinement. Nous avons mis un peu plus de six mois pour préparer la première version que nous avons tirée à 1 200 exemplaires. Elle s’est bien vendue, atteignant un équilibre économique certes fragile. Cela nous a encouragés à en faire une seconde. Notre structure n’étant pas assez armée pour pouvoir gérer la communication, la publicité et la promotion de notre production, ce numéro ne s’est pas aussi bien vendu. Pour l’instant le numéro trois est en suspens car sa réalisation est extrêmement chronophage. Son écriture se télescope avec la réalisation des magazines et des documentaires dont nous voulons augmenter la production. Ceux-ci demandent trois mois d’écriture, le tournage s’étale sur six à neuf mois, il faut ensuite compter un mois et demi de montage.

 

— Comment êtes-vous passés à la production audiovisuelle ?

Nous avons eu plusieurs sites d’implantation, avant d’être hébergés peu de temps par Sud Ouest. Puis nous avons rapidement migré à Grand Angle, une importante boîte de production audiovisuelle à Mérignac.

Nous avons pu alors proposer des sujets, constituer des dossiers et les présenter aux différents médias. Par exemple : nous avions un réalisateur junior qui avait envie de faire un documentaire sur son équipe de rugby. Nous l’avons proposé à France 3 qui l’a accepté et diffusé en 2023.

Nos propositions de magazines ont reçu un accueil favorable. Cela s’est concrétisé par Popex, magazine diffusé pendant trois saisons sur France 3 Aquitaine.

Nous travaillons également avec une télévision, la première entièrement en langue occitane, Octele.

Un de nos derniers magazines, Oui mais non, sera diffusé sur France 3 Aquitaine en décembre. Il met en scène des anecdotes patrimoniales et historiques.

En trois ans, nous avons produit sept documentaires visibles sur la plateforme numérique de France TV.

 

— Quelles sont les autres facettes de votre activité ?

Dans le cadre de l’EMI (Éducation aux médias et à l'information), nous intervenons essentiellement dans les collèges pour faire découvrir le journalisme aux jeunes et les aider à trouver leurs propres repères face à la masse d’informations qui les entoure.

Enfin, nous organisons chaque année, avec Médiapart, le festival Imprimé. Depuis quatre ans, il donne la parole à des médias et à des citoyens qui portent un regard engagé sur notre époque.

L’objectif du festival est de sensibiliser, débattre et transmettre sur quatre enjeux : le racisme, le sexisme, l’écologie et les médias, notamment auprès des publics plus éloignés de l’information. Le prochain se tiendra le 7 mars 2026 au Rocher Palmer.

 

— Quels sont vos projets ?

Dans un proche avenir, nous devons stabiliser notre newsletter et suivre les évolutions du magazine Oui mais non. Un documentaire pour France 3 Aquitaine sur le corbeau de Tulle est en préparation. Le tournage débutera en janvier. Deux autres documentaires sont dans les tuyaux : un premier, diffusé en novembre sur France 3 3 Pays de la Loire sur le roller derby de Nantes et un deuxième pour 2026 sur France 3 Nouvelle Aquitaine qui portera sur les jeunes agriculteurs de la région de La Réole. Cette année, nous avons aussi réalisé pour France 3 Pays de Loire un documentaire sur la vie des producteurs de lait dans cette région.

 

 

EMI

 

Interventions dans le cadre de l'EMI (Éducation aux médias et à l'information) :

Depuis 2018, les journalistes de la rédaction et les animateurs de l’association L’atelier Far Ouest proposent : des ateliers de création de projets éditoriaux, des ateliers ludiques pour lutter contre les fakes news et développer l'esprit critique, comprendre la fabrication d’une image, d’un podcast ou d’un documentaire et des immersions au sein de la rédaction.

 

L'EMI s’adresse à tous les publics de 3 à 25 ans, en milieu scolaire, dans des médiathèques, des mairies ou des centres sociaux.

Sous les paillettes, un documentaire qui plonge dans l'univers des drags, ici, Gay Pride de Bordeaux

 

Les vidéos long format peuvent aller de dix minutes à une heure ou plus. Ces vidéos fournissent aux utilisateurs des informations plus approfondies et un récit plus complet, permettant une exploration détaillée d'un sujet. Elles peuvent inclure des tutoriels, des webinaires (séminaire, réunion interactive dont les participants communiquent à distance via Internet), des blogs, des interviews, des émissions de télévision, des films et des critiques approfondies. On peut les trouver sur des plateformes comme YouTube, Vimeo, Instagram ou TikTok.

S'ennuie-t-on dans la région? Faux. Laurent Target et son épique vont à la rencontre de celles et ceux qui s'engagent et réinventent notre territoire