Inspirations vénitiennes

Durant le carnaval de Venise, admirez ces déguisements aux couleurs chatoyantes. Cousez ou louez ces robes inspirées de celles du XVIIIe siècle.

 

De gauche à droite, les déguisements illustrent: le feu, la terre, l'air, l'eau. (photo de l'Association d'Oloron)
De gauche à droite, les déguisements illustrent: le feu, la terre, l'air, l'eau. (photo de l'Association d'Oloron)

Si vous décidez de participer au carnaval de Venise avec une robe du XVIIIe siècle et réaliser une telle parure, il faut être une couturière expérimentée et avoir beaucoup de temps et de patience. Prenez l’exemple de l’association Trait d’Union d’Oloron-Sainte-Marie qui a voulu fêter le 10e anniversaire de ses voyages culturels en participant activement au carnaval de Venise. Dès le mois d’avril, Pierre-Louis Giannerini, professeur d’histoire s’occupe de réserver le logement au plus près possible de la place Saint-Marc ou du pont Rialto. Le palais Cavagnis est choisi pour loger les 42 candidats au voyage. L’organisateur précise lors d’une réunion : « le but est de se costumer, mais aussi grâce à notre originalité nous devons être remarqués, photographiés, filmés. » 

 

À vos aiguilles 

Josianne Deboulle, costumière de théâtre et créatrice de mode prend la direction de la confection des robes.  Durant la réunion, les idées fusent et finalement les quatre éléments air, eau, terre et feu sont choisis. Chacun doit personnaliser le modèle choisi.  Catherine raconte : « L'aventure que cela représentait : de la séance de brainstorming pour nous mettre d'accord sur un thème (en l'occurrence les quatre éléments), en passant par les nombreuses soirées couture à Oloron, pendant lesquelles nous avons, chacun, créé notre costume dont la base était commune et confectionnée par une professionnelle, pour aboutir au voyage. Départ en car couchette, les costumes étant sur cintres dans une remorque attelée au car et enfin séjour d'une semaine en plein cœur de Venise. Avec pour obligation - bien douce - de défiler avec notre groupe costumé, deux fois par jour. Nous étions libres de rester costumés ou pas et quelques-uns d'entre nous ont très vite compris qu'il nous suffisait de rester masqués et costumés pour entrer sans problème dans les réceptions privées, de très belles demeures, et d'y partager une flûte de champagne. »

 

 En revanche, si vous n’avez pas le temps, vous pouvez louer une robe à la française, une robe comme les duchesses en portaient au XVIIIe siècle, pour aller, vous aussi, au carnaval de Venise.

 

Détails d'une oeuvre de A. Watteau, huile sur toile, San Francisco Museum
Détails d'une oeuvre de A. Watteau, huile sur toile, San Francisco Museum

Des flots d’étoffes

Allez voir le costumier Grout, qui occupe un local situé près de la gare de Bordeaux. Depuis trois générations, dans 1200 m2, sont rangés de nombreux vêtements aux couleurs vives.

La costumière peut vous conseiller et faire retoucher la robe pour qu’elle soit ajustée à vos mesures. Pour revivre le siècle des Lumières, vous serez vêtue, avec une robe dite à la française : un corsage très ajusté, des manches pagodes, une jupe ample.

 Quel plaisir ! Ici, le choix est vaste, avec de si beaux coloris, comment se décider ? Le bleu pastel qui flattera le teint d’une blonde, le taffetas argenté ou le velours grenat ? Profusion de fleurs, nœuds ou retroussis au bas des robes.

Vous pouvez vous inspirer des peintures d’Antoine Watteau qui a su si bien traduire les couleurs et les étoffes de son époque. Ce peintre, mieux qu’aucun autre, incarne l’esprit de son temps, le bonheur que le siècle du roi Louis XV dit avoir inventé. Il représente, dans un paysage bucolique, des femmes vêtues de robes aux soieries de teintes pastel qui écoutent de la musique.

Comme aux temps des fêtes galantes, lors du carnaval de Venise, c’est la même ambiance de fêtes, de bals. On se fait admirer dans ces robes que l’on a confectionnées ou choisies avec soin.

Pierrette Guillot 

 

Robe à la française

Selon le musée de la mode à Paris, « la robe à la française se caractérise par la construction de son dos, animé par une double série de plis plats, prolongés au sol par une traîne. Cette robe se porte sur une jupe réalisée dans la même étoffe. Le corsage, ajusté au buste, est fermé par des pièces de tissu attenantes aux bords de la robe. On doit porter une sorte de cuirasse, rigidifiée de baleines qui transforme le buste en un triangle posé sur la pointe. Cette robe est dynamique, grâce à l’ondoiement des fleurs de l’étoffe, aux applications sinueuses de la chenille de soie du corsage et au balancement du panier en armature de joncs et d’acier. »

Le musée du tissu de la ville de Lyon explique « les tissus à la cour de Versailles, sont de véritables objets d’art. Sur les belles soieries, on intègre des pierres précieuses, émeraudes, rubis, saphirs. » 

Musée de la Mode, Palais Galliera. 10 Avenue Pierre 1er de Serbie 75116 Paris 

Musée des tissus à Lyon 34 rue de la Charité 2e arrondissement