L'impro s'apprend
Elsa Trocmé
Par Sylvie Lacombe
L’improvisation, forme d’expression scénique très exigeante, demande d’acquérir les codes fondamentaux.
Elsa Trocmé a créé la Compagnie Foenix, association loi 1901 en 2016 sur Paris dans un double but, enseigner et monter des pièces professionnelles. Depuis 2018, elle est installée à Bordeaux dans le quartier des Chartrons. Directrice artistique et pédagogique, elle dirige une troupe et l’école de théâtre appelée l’école du Petit Plateau. Des cours d’improvisation sont proposés plusieurs soirs par semaine.
— L’Observatoire : Quelles sont les caractéristiques de l’improvisation ?
— Elsa Trocmé : C’est une forme d’expression scénique où tout se crée instantanément, sans texte pré écrit, ni répétition. Il s’agit de construire une histoire vivante à partir d’une simple consigne ou suggestion du public. Elle repose sur trois piliers : la spontanéité créative, l’écoute active de ses partenaires de jeu et le lâcher-prise face à l’inconnu.
— Comment ces caractéristiques se traduisent t’elles dans la pratique ?
— La règle d’or c’est l’acceptation de la proposition du partenaire sous la forme oui et si votre co-équipier vous dit « regarde ce radiateur », vous devez répondre « oui, et il tremble » Cette philosophie du oui crée une dynamique positive et libère la créativité de chacun.
L’écoute dans l’improvisation dépasse la seule attention aux paroles. Elle capte le ton de la voix, la gestuelle et avec une pratique régulière se montre précieuse dans la vie quotidienne en améliorant les relations interpersonnelles.
Sur scène, l’impro oblige le comédien à abandonner le contrôle et à accepter l’incertitude. Elle sollicite constamment l’imagination pour créer des situations et des rebondissements.
— Comment se déroulent les cours ?
— En tout premier lieu, c’est un travail d’équipe. Il s’agit de construire une histoire ensemble, en s’appuyant sur les propositions de chacun. Il faut parvenir à occuper l’espace scénique, à se concentrer, à moduler sa voix et à utiliser des gestes expressifs. Arriver à se faire croire à soi-même que la situation est réelle. On floue son cerveau donc on agit avec le corps. Le corps a une mémoire énorme. Quand on la travaille, les progrès corporels deviennent des réflexes.
L’enseignement s’appuie sur des exercices ludiques, pour favoriser la dynamique de groupe, apprendre à se connaître. Partir d’un mot, d’un lieu, construire une histoire de trois minutes à deux sur scène ou quinze. Puis on y associe quelques contraintes, en changeant de thème toutes les trois minutes par exemple. Les exercices se complexifient en passant par exemple par le carré hollandais : quatre improvisateurs forment un carré. Chaque côté formé par deux d'entre eux a un thème. L'arbitre fait tourner le carré plusieurs fois et les improvisations, indépendantes s'alternent.
Autre exercice, le zapping télévisuel : des groupes de deux comédiens représentent chacun une chaîne, l'arbitre peut décider de zapper sur une autre chaîne à tout moment. L’impro carnage tous les participants qui peuvent être au nombre de 15 sur scène doivent mourir avant la fin de l'improvisation.
— Quelles sont les difficultés rencontrées par les apprenants ?
— Chaque participant doit prendre conscience de sa voix, sa gestuelle ; se familiariser avec son imaginaire et ses émotions. Dès les premiers cours, on associe des nouveaux élèves et des anciens. Cela favorise la prise de confiance des débutants. L’improvisation, c’est la spontanéité, cela veut dire organiser ses idées, écouter, assurer sa communication non verbale, dans un temps très court. Associer ces aspects n’est possible qu’avec une pratique régulière mais les progrès sont rapides facilités par une réelle collaboration entre les personnes.
-b -Nos valeurs
Encadré :
Compagnie Foenix - Ecole du petit Plateau –
23 rue Constantin Bordeaux
150 adhérents
Cours d’improvisation et d’interprétation
8 professeurs
Plusieurs spectacles par an.
https://lepetitplateau.weebly.com
Affiche de l'école de théâtre Le Petit Plateau
L'Observatoire
Université du temps libre Bordeaux Métropole
Atelier de journalisme

