Pour le prestige

Longtemps abandonnée la toge ou robe universitaire est en voie de réhabilitation

Un groupe de professeurs entourant Daniel Kilonsky. Les couleurs des toges sont représentatives des spécialités ( photoGautier Dufal)
Un groupe de professeurs entourant Daniel Kilonsky. Les couleurs des toges sont représentatives des spécialités ( photoGautier Dufal)

La robe universitaire a beaucoup évolué entre le XIIIe et XVIIIe siècle. Disparue lors de la Révolution qui supprima les traditions propres à l’Ancien régime, elle réapparait lorsque que Napoléon s’en empare et la normalise, en 1809.

Autrefois, elle était largement portée par tous les universitaires enseignants et administrateurs. Elle illustrait la fonction prestigieuse de membre de l’Université.

Au XXe siècle, la toge est moins utilisée. Mai 68 signe une diminution significative de son port. Depuis quelques années elle réapparaît. Elle est présente en quelques occasions, comme les soutenances de thèses, les cérémonies de rentrée universitaire ou d’attribution de grades universitaires, de décorations ou de titres honorifiques. Ce fut le cas pour l’Université de Bordeaux en 2019 et 2020, lors la remise de diplômes aux nouveaux docteurs ou la nomination d’un docteur honoris causa.

 

Honneur aux docteurs

Le 11 janvier 2020, la salle de spectacle du Pin Galant à Mérignac accueillait la cérémonie de remise des diplômes de docteurs de l’Université de Bordeaux, pour l’année 2019.

Ils étaient 500 nouveaux diplômés, portant une simple toge noire, leurs proches et amis ou encore leurs directeurs de thèses et professeurs revêtus de leur robe universitaire, de couleur propre à leur spécialité (voir l’encadré). Soit un millier de présents pour cette première cérémonie symbolique à Bordeaux, depuis de très nombreuses années. Elle était présidée par Roger Marthan, directeur du collège doctoral, comportant huit écoles, et par le président de l’Université, Manuel Tunon de Lara. Ce fut l’occasion pour eux de mettre en exergue la qualité des recherches menées au sein de laboratoires de l’Université de Bordeaux.

Chaque docteur était appelé à monter sur la scène pour recevoir son diplôme.

La cérémonie était ponctuée par des interventions de personnalités scientifiques. C’est ainsi qu‘Olivier Le Gall, président du Conseil français de l’intégrité scientifique, a évoqué l’organisation de la recherche en France et que Raphaël Dupin, directeur de Cap Sciences, a souligné l’engagement des jeunes docteurs dans la diffusion de la science vers les plus jeunes.

La fin de la cérémonie était marquée, par un lancer de toques en l’air par les nouveaux docteurs, manifestant ainsi leur joie et la fin de longues et difficiles études et de travaux importants.

La cérémonie pour 2020 n’a pu avoir lieu pour le moment, pandémie oblige, mais ce n’est que partie remise.

 

À noter que des manifestations analogues se déroulent chaque année dans les autres universités françaises, depuis quelques années pour certaines. La toge est également portée lors de la remise du titre de docteur honoris causa.

Distinguer des étrangers

Cette prestigieuse distinction est décernée par une université pour honorer « des personnalités de nationalité étrangère en raison de services éminents rendus aux sciences, aux lettres ou aux arts, à la France ou à l’université. »

L’université de Bordeaux nomme en général un ou plusieurs docteurs honoris causa chaque année, c’est ainsi que l’on trouve au palmarès récent : Mario Soares en 2010, Mario Vargas Liosa en 2009, Elie Wiesel en 1993, etc.

Le 14 novembre 2019, c’était le professeur Daniel J. Klionsky qui était distingué.

C’est devant un parterre de responsables éminents, dont plusieurs portaient la toge que Manuel Tunon de Lara, président de l’Université, retraçait la brillante carrière du récipiendaire. Biologiste mondialement connu, il exerce ses fonctions au sein de l’Université du Michigan (USA). Puis, vint l’éloge académique de Daniel J. Klionsky par Muriel Priault et Amélie Bernard, chargées de recherche en biologie dans des laboratoires du CNRS à Bordeaux. À son tour, l’invité remercia l’Université et se déclara honoré par cette distinction. Enfin, le président lui remis les insignes de docteur honoris causa. À savoir un diplôme, une médaille et une épitoge portée sur l’épaule gauche.

 

Ainsi, la robe universitaire, tombée en désuétude, revient progressivement au sein de l’université, gageons qu’elle sera un jour plus généralement portée, sans imaginer néanmoins un retour à ce qu’elle était au XIXe siècle.

Roger Peuron

Attribut prestigieux 

La toge est constituée de plusieurs éléments. À commencer par la robe qui ressemble à une soutane dotée d’une longue rangée de boutons sur le devant. Ensuite, il y a la simarre qui est en fait deux bandes verticales de tissus qui se trouvent de chaque côté des boutons. La ceinture qui est longue se terminant par des franges comme celle des ecclésiastiques de l’Église catholique romaine. Puis, le rabat, toujours blanc, il s’agit d’une sorte de large cravate en batiste ou en dentelle en fonction du grade de son porteur. Cet ensemble est complété par une épitoge de couleur accrochée sur l’épaule gauche. A cette toge est associée une toque, jamais portée mais tenue à la main

Huit écoles  doctorales

-Sciences physiques et de l'ingénieur.

-Sciences et environnements.

-Mathématiques et informatique.

-Sciences de la vie et de la santé

-Sciences chimiques.

-Sociétés, politique, santé publique.

-Droit.

-Entreprise, économie.

Épitoge, couleur

 

Les universitaires portent une épitoge de la couleur représentant la discipline dont ils relèvent : violet pour la théologie ; écarlate pour le droit et l'économie ; groseille pour la médecine et la pharmacie ; amarante pour les sciences ; jonquille pour les lettres et la philosophie.