Une styliste en herbe

Aline, gracieuse jeune fille de 20 ans, est élève de 2e année à l’Institut Marangoni, à Paris, option stylisme.

L’Institut Marangoni

Créé en 1935 à Milan, il a essaimé à Londres, Paris et plus récemment à Florence. Il rivalise avec d’autres prestigieuses écoles de mode telles que Parsons à New York, Central Saint-Martins à Londres pour ne citer que les plus célèbres.

La formation se déroule sur 3 années après une année préparatoire.

Globale, alliant l’art à la technique, elle est placée sous la direction de professionnels devenus enseignants. Le directeur artistique, créateur free-lance, illustrateur pour la haute couture et le prêt-à-porter, dirige le studio de création. La professeure de couture, ex-chef d’atelier de Dior, donc avec un haut niveau d’exigence, est responsable de l’atelier. Les classes comportent 15 étudiants, venus du monde entier, l’enseignement est dispensé en anglais.

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Le styliste

C’est avant tout un créateur, un artiste. Elsa Schiaparelli déclarait : « Pour moi, dessiner des robes n’est pas une profession, mais un art. Les plus influents stylistes du 20e siècle, Yves Saint-Laurent, Karl Lagerfeld ont débuté après avoir été lauréats de concours de dessin organisés par l’industrie textile.

Saint-Laurent plaçait ses collections sous le signe d’artistes comme Vincent Van Gogh, Picasso, Braque, Matisse, Mondrian ou Andy Warhol. Il a su mêler l’art à la mode et ainsi unir ses deux passions. La robe Mondrian, créée en 1965, en est un exemple célèbre. Les robes dont Azzedine Alaia drape les corps rappellent ses études de sculpture.

 

Les choix d’Aline

Après une année préparatoire à Londres, centrée sur le perfectionnement en langue anglaise et en dessin, Aline est venue à Paris pour suivre le programme des 3 années.

La première a été consacrée à l’apprentissage des bases de la couture à la main, couture à la machine, confection de patron et à l’étude du dessin pour chaque segment du marché de la mode.

Le dessin de mode est en effet différent selon qu’il est destiné à la haute couture, au prêt-à-porter de luxe ou à la grande diffusion telle que Zara, H&M ou Mango…

En principe, chaque illustrateur est spécialisé pour l’un de ces segments.

Avec des exceptions toutefois, Karl Lagerfeld, créateur prolifique et talentueux, dessine pour H&M aussi bien que pour Chanel ou sa propre marque. Les silhouettes destinées à la haute couture sont longilignes, celles pour le prêt-à-porter plus pulpeux. Aline s’est orientée vers ce segment.

 

Les étapes de l’apprentissage

Pendant le1er trimestre, sous l’orientation du directeur artistique, les élèves de 2e année constituent un cahier de recherche et choisissent 10 thèmes suivant les tendances édictées par le site WGNS*, réservé aux maisons de mode. Ce choix est ensuite affiné par l’équipe pour la matière et la couleur ainsi que le style. Le style Amish a été retenu.

Aline a dessiné, élaboré le patron et réalisé un manteau noir en laine qui s’inscrivait dans ce thème. Les créations de chaque élève sont évaluées à Milan par un jury qui ne les connait pas. Les résultats seront donnés seulement en fin d’année, ce qui génère un sentiment de frustration parmi les jeunes étudiants, anxieux de connaitre l’appréciation donnée à leur première réalisation.

Pendant les vacances de Noël, la visite des expositions de quatre artistes contemporains est imposée : Ci Twomby, Takashi Murakami, Harry Callahan, Maurizio Cattelan.

Au 2e trimestre, Aline va s’inspirer des deux premiers artistes pour préparer une collection : élaboration de 12 créations et réalisation en tissu de deux looks.

 

L’avenir

À l’issue de sa troisième année, consacrée au prêt-à-porter de luxe, la jeune étudiante devra choisir, continuer dans le stylisme ou se diriger vers une formation complémentaire.

À la question, est-ce la réalisation d’un rêve d’enfant, elle répond par la négative, elle voulait devenir écrivain !

Elle a entrepris ces études à la suite d’un conseil d’orientation et parce qu’elle aimait la mode.

Elle envisage des études de journaliste de mode.

Aline propose, qu’en 2020, L’Observatoire lui ouvre ses colonnes pour dévoiler les coulisses des défilés de la haute couture et du prêt-à-porter.

 

Françoise Sohm

 *WGNS : World's global style network

Aline, jeune styliste confiante