Le WWOOF... c'est ouf

Vacances, visites, rencontres, échanges, découvertes : le WWOOF. (photos de Y. Guillon)

 

Un concept né en Angleterre à l'automne 1971 portait le doux espoir de mettre en relation cultivateurs de divers pays et curieux, désireux de découvrir, passionnés d’immersion dans un monde rupestre naturel. Accueillis comme des amis, vous partagez la vie de vos hôtes et les diverses tâches tant agricoles que ménagères (30 h par semaine environ). Ni argent ni montre. L'enjeu : s'enrichir de rapports humains, découvrir et apprendre. Le sens du sigle a évolué Depuis 2000, il signifie World Wide Opportunities on Organic Farms. En fait d'opportunités, le WWOOF en offre d'exceptionnelles.

 

Le voyage

Yuna et Gaby sont étudiants, curieux, enthousiastes, à l'affût de moments de partage, de culture et d'horizons inconnus. L'écran de l'ordinateur leur est familier, ils surfent et s'arrêtent devant une étrange proposition : « Pour vos vacances, adoptez le wwoofing ! » Suivent détails, avis, listes de pays concernés, adresses de référence...Ils sont tentés. Discussions, hésitations, coups de téléphone. Enfin la grande décision. Départ pour la Grèce, plus précisément Lipsi. Minuscule point dans l'archipel du Dodécanèse, l’île mesure 17,35 km2 et compte à peine 700 habitants dont certains descendants d'Ulysse qui y aurait fait escale, L'agriculture, la pêche et  quelques touristes suffisent au bonheur d'une population qui vit à un rythme presque oublié. Seuls les bateaux d'excursion venus de Léros, Patmos ou Kos perturbent parfois ce calme olympien. Mais comment atteindre ce paradis ? Un périple ! Un vol à portée des finances estudiantines, Bordeaux/Thessalonique, puis un bus jusqu'à Istambul, déjà l'aventure. À nouveau l'avion pour Bodrum, un ferry vers Kos (l'île des migrants) et un dernier bateau jusqu'à Lipsi. « Ouf, enfin à bon port! »

 

L'aventure

Effectivement Yuna et Gaby débarquent dans un port minuscule, soleil, ciel et mer du même bleu. Un taxi les attend, enfin il attend six voyageurs...Le chauffeur conduit, tranquille, son petit garçon sur les genoux. Des paysages à couper le souffle, peu de maisons, des criques sauvages, des escarpements. Le taxi s'arrête, la ferme est là, blanche au milieu de nulle part, « le bout du monde » s'exclame Yuna. Devant la porte, Brandy, jeune américaine, les accueille et leur fait découvrir les quartiers des invités, mini dortoir, salle d'eau à l'étage de la maison. Fatigués mais ravis, les voyageurs se retrouvent sous les ombrages pour partager le repas élaboré par les wwoofers : trois américaines et un autre couple de français. Au menu : légumes, fromages, olives, fruits et anecdotes sur la vie à Lipsi. Enfin arrive Kosta, le propriétaire. Il a beaucoup voyagé et posé ses valises sur l'île où il reçoit ses invités pour quelques semaines et parfois plus. Une américaine est restée sur place pour les beaux yeux d'un pâtre grec. La langue anglaise s'impose sauf avec les natifs...Gestes et mimiques. Les tâches sont variées : fenaison, soins de la vigne, cueillette, désherbage et peinture. C'est Pâques ! Dans l'île aux cent chapelles, c'est la fête, la lumière arrivera de Jérusalem par hélicoptère et pour l'accueillir, tout doit être repeint. Pendant des jours, Yuna et Gaby vont parer d'un blanc éclatant édifices religieux et tombes. « Certains soirs les poignets étaient lourds, mais les fins d'après-midi tellement extraordinaires ! Criques solitaires, eau transparente, baignades de rêve. Parfois on descend au village déguster le poisson du matin. Les Lipsiotes sont aimables, ouverts. Chaque passage dans une ferme voisine est une fête. Rien à voir avec le premier mai chez Alexandro, l'original du pays. Est-il italien ? Grec ? Qu'importe. Chaque année il invite toute l'île dans les jardins de sa superbe villa et quelles agapes ! Sur les broches, les poissons succèdent aux poissons, les chevreaux aux chevreaux, alcools et vins coulent à flots, tous chantent et dansent en d'ondoyantes rondes. On ne quitte progressivement la fête que lorsque jambes et têtes se font trop lourdes. Nuit étonnante, vibrante de musique et de chaleur. C'est tout cela le wwoofing. En partant nous avons seulement dit : « Au revoir ». Depuis notre retour, le couple de français nous a rendu visite et nous continuons à échanger messages et photos avec tous ces amis. »

Pour vos vacances pensez Lipsi la sauvage, la bleue et blanche à souhaits et n'hésitez plus, à votre tour wwoofez.

 

Dany Guillon