Jumelage  franco-italien

Découvrir une autre ville et un autre pays, approcher une culture différente, se créer de nouveaux amis à l’étranger, le jumelage entre villes y participe.

 

Samedi 7 novembre 2015, c’est jour de marché à Saint-Médard-en-Jalles. Un stand, décoré de petits drapeaux vert, blanc et rouge, attire de nombreux chalands intéressés mais parfois étonnés. Une banderole « Comité de jumelage Italie » fournit une première réponse. Désireux d’en savoir plus L’Observatoire a rencontré Annick et Claude membres depuis de nombreuses années du Comité de jumelage de Saint-Médard-en-Jalles avec Sabaudia en Italie, ville de 20 000 habitants environ, récemment bâtie, située à 80 km au sud de Rome.

La place principale de Sabaudia, l'Hôtel de ville et son beffroi.

Sabaudia est l'une des 5 villes construites en 1934 sur l'ordre de Mussolini, dans les anciens marais Pontins, préalablement assainis. Le Corbusier a participé à l'élaboration du plan de la ville. 

 

L’Observatoire : Comment et pourquoi avez-vous adhérés à ce comité ?

Annick : Nous avons toujours été très intéressés par les pays étrangers et tout particulièrement l’Italie, aussi avons-nous éprouvé le besoin d’apprendre l’Italien, pour pouvoir voyager seuls et être en contact direct avec les autochtones. Les cours dispensés par le comité nous ont permis de maîtriser suffisamment cette langue pour mener une conversation courante. 

 

— Mais pourquoi donc ce stand sur le marché ?

— Claude : Il participait à la célébration du 25e anniversaire du jumelage. En effet, une forte délégation de Sabaudia a séjourné à Saint-Médard du 3 au 10 novembre. Elle était menée par son maire. Le Chœur de la ville, également présent, s’est produit le 5 novembre au Carré des Jalles devant un public nombreux et ravi. De plus, nous avons offert à nos amis italiens un programme varié de visites : la base sous-marine où ils ont découvert une exposition de photographies de Ferrante Ferranti, artiste ayant des origines sarde et sicilienne, puis Lacanau, Andernos et Saint-Émilion…

— Annick : Le soir nous nous sommes retrouvés une vingtaine pour dîner chez la présidente du comité, les Français se partageant la préparation des plats. Ce fut une joie intense d’être ainsi réunis journellement autour de cette grande table. Très vite les chants se faisaient entendre, tant nos amis italiens sont amateurs de bel canto.

 

— Comment fonctionne le jumelage ?

Annick : J’ai présidé le comité de 2008 à 2013, dès mon élection j’ai eu à cœur de resserrer les liens entre les deux villes. C’est alors que j’ai fait la connaissance d’un Italien parlant bien le Français, nous avons établi de profonds liens de confiance et chacun de son côté a pu convaincre le maire de l’importance d’un jumelage bien vivant.

Pour nous, l’organisation est assez simple et bien structurée. Il existe un élu en charge des jumelages et un Comité de jumelage dont le responsable, nommé par le maire, chapeaute trois comités particuliers : Allemagne, Espagne et Italie. En Italie, l’élu et le responsable désigné par le maire existent également, en revanche pas de Comité permanent. Ce manque est gênant quand il s’agit de mettre sur pieds des manifestations ou joindre les familles pouvant être intéressées par un voyage vers Saint-Médard. Aussi, contrairement à ce qui se passe souvent au sein des autres comités des relations durables entre familles sont moins nombreuses, elles laissent davantage la place à des liens d’amitié moins formels, mais tout aussi forts entre deux groupes de personnes.

 

— En quoi consistent les échanges ?

— Claude : Ils concernent aussi bien la culture que le sport. Je note tout particulièrement les échanges entre l’école de musique de Saint-Médard et la chorale de Sabaudia. Pour le sport j’ai le souvenir des prestations offertes par les clubs de Saint-Médard pour le 20e anniversaire : tir à l’arc, rugby, roller

 

— En dehors des manifestations périodiques, existe-il des traces permanentes du jumelage ?

— Annick : À Saint-Médard, un square est nommé Sabaudia, alors que cette dernière a baptisé rue de Saint-Médard-en-Jalles une de ses artères. Une rame du tram porte également le nom de Sabaudia.

Le comité Italie dispense tout au long de l’année des cours d’Italien, de cuisine italienne et organise des cafés littéraires… italiens évidemment !

Quelques années après la seconde guerre mondiale qui avait déchiré l’Europe, naissait l’idée de jumelage entre villes pour apaiser les haines et les rancœurs entre des citoyens amenés ainsi à mieux se connaître et à s’apprécier. Nul doute que les liens très forts établis entre Saint-Médard et Sabaudia s’inscrivent dans cette démarche.

 

Roger Peuron